Chapitre1: Proies du désir.
- Ben Eddy, t'as l'air dans les vapes, on ne supporte plus deux petites gouttes d'alcool?
Les yeux de mon frère me fixaient comme deux grosses billes noires. Un sourire taquin dessiné sur les lèvres, il poussa vers moi son verre d'eau:
- Tiens, bois un peu de liquide saint. La prochaine fois, je surveillerai de plus près tes consommations, tu n'es pas raisonnable à ce que je vois.
Agacé, je repoussai le verre brutalement vers Emmett qui l'évita. Si Jasper ne l'avait pas rattrapé à temps, il se serait sûrement explosé en mille morceaux. Explosé comme les parois de mon cerveau qui semblaient se cogner l'une contre l'autre à chaque bruit parasite que mes oreilles trop fines interceptaient. Je ne boirai plus jamais. Phrase inconditionnelle de la gueule de bois. Mon estomac se retourna en sentant l'odeur d'un plat rempli de sauce.
Mon dieu pas lui:
- Salut Edward! Alors, la forme?!
Je ne relevai même pas la tête, en entendant Mike Newton s'adresser à moi. Je me contentai de soupirer d'un air las. J'aurais du rester chez moi...
- Ben Eddy!! Tu ne réponds pas à ton ami Miky? Un peu de politesse voyons! intervint Emmett de sa voix railleuse.
Je ne réagissais toujours pas et le blondinet continua:
- Je crois que tu n'as pas l'air très bien réveillé.
- Oh, Eddy ne tient juste pas l'alcool. Hein p'tit frère?!
Je sentis une forte tape m'assener le dos et je me redressai en sursautant. Ma tête semblait être une énorme boule de bowling. Je foudroyai mes interlocuteurs du regard et déclarai sèchement:
- Bon écoutez, vous allez me laisser tranquille sinon ça ira vraiment mal, compris?
Après un court silence, marqué par la surprise de Mike, Emmett repris sur le même ton en avançant son bras vers mes épaules:
- Te mets pas dans cet état Eddy!
Je repoussai son bras violemment et haussai la voix:
- Tu me fiches la paix et tu arrêtes avec tes surnoms débiles. Mon nom c'est Edward, alors tu m'appelles Edward, compris petit frère.
J'accentuai ces deux derniers mots afin de rappeler à Emmett son rang de cadet au sein de la fratrie. Avec ses un mètre quatre vingt dix et sa musculature impressionnante, il avait tendance à oublier que j'étais l'aîné et pas le contraire:
- Oulah! Relax! Il a l'alcool colérique celui-là! S'exclama mon frère en gardant son ton moqueur, imperturbable.
Il se rassit et regarda Jasper en fronçant un sourcil. Le plus jeune des garçons Hale, semblait toujours plongé dans une profonde observation. La tête appuyé contre son coude, rien n'échappait à sa surveillance continuelle. Au regard d'Emmett, Jasper comprit immédiatement ce qu'il attendait. Je le devinai aussi d'ailleurs et ma boîte crânienne sembla s'alléger. Je gratifiai mon frère d'un signe de tête et dévisageai Mike toujours planté là comme un piquet, à ma droite, un plateau débordant de nourriture dans les mains. Il sourit timidement et annonça:
- Je vois que tu vas mieux.
- Non. Comme tu peux le constater, depuis tout à l'heure je fais de l'apnée. Mais merci, tes commentaires pertinents m'ont fait prendre en compte la présence de l'oxygène autre part qu'entre mes jambes.
Il me contempla, un air ahuri sur le visage, avant de marmonner:
- Désolé Edward, je...
Je l'interrompis en prenant ma voix la plus méprisante:
- Très bien. Excuses acceptées. Maintenant, tu pourrais éviter de rester immobile à côté de moi s'il te plaît? C'est inutile d'espérer, aucun d'entre nous n'avait l'intention de t'inviter à prendre place à notre table. Au revoir.
Le pauvre bafouilla un autre « désolé » avant de s'éclipser vers la table placée en plein milieu du réfectoire où il mangeait habituellement. A sa droite se trouvait Jessica. Son regard me brûlait le dos depuis que je m'étais assis et ça contribuait en partie à mon irritation. Elle pensait à la soirée de la veille, j'en étais persuadé. Elle devait se demander quand est ce qu'elle aurait l'occasion de m'attirer chez elle et d'obtenir enfin ce qu'elle attendait depuis que ses hormones avaient commencé à fonctionner. Totalement pathétique cette fille... Comme pour intervenir à ma discussion mentale, Emmett s'esclaffa:
- En dirait qu'elle est bien chaude la Jessica. Je ne sais pas ce que tu lui as fait hier soir mais ça l'a marqué!
- Je coupe court à tes insinuations, on n'a pas couché ensemble.
- Vraiment?
- Vraiment. Acquiesçai-je.
- Pourtant tu ne fais pas le difficile pour ce genre de relation sociale. Elle est pas mal en plus! Je l'ai déjà testé, je t'assure que tu rates quelque chose! Elle m'a...
- S'il te plaît Emmett; pas de détails, j'ai la tête qui me tiraille dans tous les sens. Je ne suis pas d'humeur à supporter le récit de tes ébats sexuels.
- Ok, Ok. Se résigna-t-il. Ah, je te préférais bourré. T'es plus violent, mais moins rabat joie. Tu n' trouves pas Jasper?!
En n'entendant pas la réponse de notre benjamin, nous nous retournâmes immédiatement vers lui. Il semblait encore plus crispé que d'habitude. Une fine ride lui traversait le front, ses sens étaient à l'affût. Instinctivement, nous nous concentrâmes sur notre propre ouïe et sondèrent le réfectoire à la recherche de ce qui avait troublé Jasper à ce point. Ce n'était pas difficile... Des frôlements doux sur le sol, un parfum fleuri, sucré, qui enivrait. Il y avait trois personnes, trois respirations différentes. Les trois mystérieux individus allaient bientôt pénétrer dans la cafétéria d'après ce qu'annonçait la proximité de leur pas. Encore quelques secondes. Mes muscles étaient contractés et mon cerveau s'était apaisé. Je ne comprenais pas, la contradiction de mes réflexes. En observant mes frères, je constatai qu'ils ressentaient la même chose que moi: l'envie de bondir et l'envie de se laisser aller à humer cette odeur euphorique. Ce fût la première fois que je les vis. Elles foulèrent le sol de la cafétéria de leur démarche gracieuse, je ne pus retenir un léger sursaut de surprise en les voyant. La première était sûrement la plus belle des trois. Et encore, l'adjectif en devenait presque insultant devant l'indécence de sa splendeur. Plus grande que les autres, une chevelure blonde qui descendait en grosses boucles jusqu'au milieu de son dos, une silhouette à en couper le souffle: longiligne, pulpeuse, personne n'aurait pu s'empêcher de suivre les courbes que ses hanches dessinaient en marchant sur ses talons aiguilles. Sa chemise blanche frôlait sa peau fine laissant apparaître des parcelles de son ventre plat. Ses lèvres pleines arborait une moue sévère et séductrice qui en aurait réduit plus d'un à l'esclavage. La deuxième arrivait d'une démarche si légère, qu'elle semblait flotter au dessus du sol. Si sa s½ur n'avait pas été là, on aurait pu penser qu'elle était la plus belle créature que ce monde ait connue. Elle semblait plus jeune que la blonde plantureuse. Plus jeune fille que femme, plus mignonne. Ses fines épaules que découvrait un pull échancré gris pâle, semblait pouvoir se briser à chaque coup de vent. Ses cheveux d'un noir de jais pointaient dans tous les sens, encerclaient à merveille son petit visage. Ses yeux semblaient pétiller et les coins de sa bouche retroussée lui donnaient un air espiègle et joyeux. Alors que les deux premières marchaient à quelques centimètres l'une de l'autre, la dernière était bien plus distante. Elle marchait lentement, le pas plus hésitant, d'une grâce plus maladroite. Intimidée, elle mordait ses lèvres roses dans un geste nerveux et tenait son sac par la bandoulière, les doigts crispés. Si mon c½ur avait doublé ses pulsions quand elles avaient rencontré mon regard, il s'arrêta complètement quand je la vis, elle. De taille moyenne, menue, elle paraissait pourtant plus fragile, plus vulnérable que les deux autres. J'eus soudain envie de la serrer dans mes bras. De réchauffer sa peau trop fine et trop pâle, qui, j'en étais sûr, aurait pu se déchirer au contact du coton. Ses longs cheveux bruns cachaient les contours de son visage en forme de c½ur, tel deux rideaux de soies. Je détaillais entièrement sa silhouette, ses courbes, sa taille bien marquée, je me raidis d'autant plus sur ma chaise: parfaite dans son imperfection. Je la désirai immédiatement. Elle semblait tellement plus inaccessible que les autres! Dans son regard transparaissait son intelligence. Je la voulais, je l'aurai. Elles s'assirent toutes les trois à une table de l'autre côté de la cafétéria. Alors que je reprenais mes esprits sans pour autant pouvoir détacher mon regard de la jolie brune ténébreuse, je me rendis compte que le bruit dans la grande salle avait fait place à un lourd silence. Plus personne ne parlait, seul les respirations accélérées osaient interrompre l'arrivée des trois déesses. Je me tournai vers mes frères. Ils étaient aussi émus que moi. Emmett se tourna à son tour, la bouche restée ouverte et déclara encore sous le choc:
- Putin c'est une blague! Trois mannequins dans une ville aussi paumée que Forks! C'est une blague?!!
Il n'eut aucune réponse. Je fus surpris d'entendre clairement Jasper murmurer « elle est magnifique». Mon frère était quelqu'un de sérieux, ce n'était pas vraiment son genre de se perdre dans la contemplation de filles. Emmett ayant retrouvé son enthousiasme s'exclama au bord de l'excitation:
- Les mecs! Je vous préviens! La blonde TROP bonne elle est à moi en premier! Je vous jure, quand je vois trois canons comme ça, je me dis que y'a vraiment un dieu dans le ciel! Edward, tu fais pas ta pute avec elle! Pas le coup des beaux yeux verts mystérieux! Je te la laisse quand j'en aurai fini avec elle, OK?
- T'inquiète pas, tu peux la garder.
- Oh! Tu as déjà ta proie c'est ça?
Je poussais du coude son visage qu'il avait rapproché du mien, feignant la confidence. Oui, j'avais ma proie, mais j'étais un chasseur solitaire. Jasper aussi se taisait et semblait à présent plongé dans de profondes réflexions. La table trembla soudain sous le coup d'Emmett qui s'était levé en disant: « A l'attaque ». J'observai amusé la scène qui allait se dérouler. Il se fraya un chemin de sa démarche de gangster entre les tables et posa ses grandes mains sur la table des trois filles. J'entendis un brouhaha de voix s'élever: tous les regards étaient fixés sur la première approche du frère Hale:
- Salut les filles, bienvenue à Forks. Je m'appelle Emmett Hale. Sur la table là-bas, dit-il en nous désignant du doigt, ce sont mes deux frères: Edward et Jasper. Si vous avez un problème quelconque, faîtes nous signe.
Il attaquait déjà le sourire ravageur du mec sûr de lui et se tenait de façon à mettre en avant ses pectoraux. Les trois filles se regardèrent d'abord surprises, puis, la petite aux cheveux pleins d'épis tendit une main aussi fine qu'elle, en souriant chaleureusement:
- Salut! Heureuse de faire ta connaissance! Je m'appelle Alice Cullen. Voici mes s½urs Bella et Rosalie.
En énonçant les prénoms, elle montrait de la tête de ses deux s½urs l'une après l'autre. Bella. Ce prénom s'enduit dans mon cerveau comme englué par du ciment. Il n'y bougerait pas, je le savais. J'observai les réactions des deux autres. La blonde semblait contrariée et amusée en même temps. L'expression typique de la fille suffisante et sûre d'elle même. A l'instant même, j'aurai parié qu'elle se réjouissait intérieurement de sentir l'attention masculine sur sa beauté. A voir son comportement, sa démarche, j'en déduisis que c'était une personne narcissique qui n'avait que sa beauté et qui semblait s'en contenter. Sa s½ur, Bella, regardait Emmett avec intérêt. Elle lui sourit gentiment quand il se tourna vers elle, mais ne dit rien. Il n'y avait que la dénommée Alice qui ne semblait pas avoir la langue dans sa poche et qui commençait à demander à mon frère la position des salles de classes dans l'établissement. Celui-ci paraissait contrarié de l'indifférence de la blonde mais se plaisait tout de même à discuter avec sa s½ur. Elle avait une voix vive et claire qui rappelait des carillons. Elle m'inspirait la sympathie, ce qui était très rare. Le brouhaha environnant ne semblait pas s'arrêter et je ressentis de nouveaux mots de tête me reprendre. Mais c'était un mal de tête assez différent. Comme si des milliers de pensées entraient dans mon cerveau et grésillaient derrière mes oreilles. Je maudissais intérieurement tous ces bavardages intempestifs. Je me levai brusquement et déposai mon plateau sentant ma démarche plus lourde que d'habitude. Décidément, je devrais vraiment rentrer me reposer. Alors que je m'apprêtai à sortir, la voix d'Emmett m'interpella depuis le coin du réfectoire où il continuait sa cour:
- Hé! Edward! Viens deux secondes s'il te plaît!
Je tournai les talons machinalement et rejoignais Emmett en essayant de paraître le plus indifférent possible. Car plus je m'approchais de leur table, plus je me noyais dans le parfum de leur peaux tout en contrôlant mes muscles qui se contractaient de façon incompréhensible. Je me tins derrière mon frère et souris poliment aux trois filles en me présentant, feignant de ne pas savoir qu'on l'avait déjà fait auparavant:
- Enchanté mesdemoiselles, je m'appelle Edward Hale, je suis le frère d'Emmett.
Les trois jeunes filles me détaillèrent un instant et Alice pris de nouveau l'initiative de la conversation:
- Bonjour! Je suis Alice! Emmett m'a dit que tu avais cours de mathématiques dans la même salle que moi.
- Oui, et je lui ai dit que ça ne te poserai aucun problème de l'accompagner jusqu'à la B400. Enchaîna Emmett.
- D'accord. Il n'y a aucun problème. Ce sera un plaisir.
- Merci beaucoup! S'exclama-t-elle en m'assenant un sourire éblouissant.
Je ne pouvais m'empêcher de l'apprécier. Habituellement froid et distant, je me surpris à vraiment penser les formules de politesse que je venais de dire.
- J'ai besoin de prendre un peu l'air, mais je t'attendrai devant le réfectoire dix minutes avant le cours d'accord ?
Je repris en constatant que mes maux de têtes ne se calmaient pas.
- Oh, je ne vais pas te faire attendre, je viens tout de suite. A moins bien sûr que tu ne voulais profiter du temps restant pour rester un peu seul.
Je la regardai, surpris de sa compassion et répondit en souriant :
- Non, ne t'inquiète pas. Je recherchais juste un peu plus de calme, ta présence est la bienvenue.
Elle sourit de nouveau et se leva en adressant un signe de main à ses s½urs:
- Je vous retrouve à la fin des cours alors.
- A tout à l'heure! Répondit Bella.
Au son de sa voix, aussi douce que le miel, les battements de mon c½ur s'accélérèrent. J'inclinai la tête légèrement et les saluai à mon tour:
- Je vous souhaite une bonne journée. Rosalie, Bella.
En prononçant son prénom, je pris soin de croiser son regard et de la fixer intensément. Elle détourna ses grands yeux ocres, gênée, et je fus surpris de constater que ses pommettes n'en avaient pas rougi pour autant. Je questionnai mon frère du regard pour voir ce qu'il s'apprêtait à faire et je compris immédiatement: il voulait isoler Rosalie pour enfin passer à l'attaque. Plutôt effronté comme plan. Je sortis donc de la cafétéria avec Alice qui me suivait de sa démarche fluette, sans porter attention à Emmett qui me cria:
- Et moi alors?! Tu n'me salues pas?! Y'a vraiment plus de respect au sein d'une famille!
Depuis quelques minutes déjà j'avançais dans les couloirs du lycée en compagnie d'Alice. Elle était bavarde mais ce qu'elle disait était toujours intéressant et je me plaisais à discuter avec elle. Elle avait l'esprit vif et s'enthousiasmait pour toute sorte de chose, ce qui changeait un peu de mon attitude naturellement blasée, comme le disait Jasper. Elle me posait des questions sur le lycée, la ville, mes frères et moi, et je faisais de même, en la questionnant sur son ancienne vie avec ses soeurs, bien qu'elle resta évasif à ce sujet.
- Emmett à l'air d'être un grand sportif! Il est impressionnant! Et pourtant si gentil!
- Emmett? Gentil? Tout est relatif. Je répondis en souriant. Disons qu'il a plutôt tendance à prendre tout à la légère mais tant qu'il s'amuse...
- Je trouve ce genre de comportement vraiment appréciable. Je m'excuse d'ailleurs pour mes s½urs. Elles ne sont pas vraiment le modèle de la sociabilité. Mais elles sont gentilles dans le fond. Bella est timide mais adorable.
Profitant de la présence de son nom dans la conversation, je demandai:
- Elle ne vous ressemble pas du tout. Je l'ai senti vraiment embarrassée.
- Effectivement, elle n'est pas aussi habitué que nous aux...changements, déménagement. Elle se sent un peu perdu je pense. C'est toujours difficile d'arriver quelque part et de ne connaître personne.
- Effectivement. Mai ne vous inquiétez pas. On est de votre côté maintenant, Emmett n'est pas du genre à laisser tomber les gens qui lui plaisent et vous lui avez littéralement tapé dans l'½il. Vous connaîtrez bientôt la plupart des gens de cet établissement.
- Ah je vois. Vous êtes le groupe des mecs populaires c'est ça?
- On peut dire ça comme ça. Je répondis en souriant.
Notre conversation fut interrompue par la sonnerie et nous entrâmes dans la salle de cours. Mr Varner nous attendait derrière son bureau, ses lunettes carrées posées sur son nez. La leçon du jour était déjà écrite sur le mûr. C'était quelqu'un de très méticuleux qui ne pardonnait pas les lacunes et le retard. Il était redouté par tous les élèves de première et ne prenait que les très bonnes classes. J'étais assis à une table à peu près au milieu de la salle et n'avait, évidemment, pas de voisin. Alice s'assit gracieusement et sortit ses affaires de son sac. Mr Varner qui m'appelait en faisant l'appel, remarqua la présence de ma nouvelle voisine et demanda de sa voix grave:
- Est ce que je peux savoir qui vous êtes?
Loin d'être impressionnée, Alice se leva et arbora un de ses plus ravissants sourires:
- Je suis Alice Cullen. Je suis arrivée aujourd'hui. Je m'excuse de ne pas m'être présentée en entrant en classe.
Déstabilisé, Mr Varner avala sa salive et déclara:
- D'accord. Je vous... Hum, excuse. Veuillez-vous juste vous présenter à vos camarades de classe s'il vous plait.
Elle se tourna face à tous les élèves qui la dévoraient du regard et répéta:
- Je suis donc Alice Cullen, j'arrive d'Alaska. J'espère que nous allons bien nous entendre!
La classe entière répondit un « bienvenue » collectif et elle se rassit. Je me rapprochai d'elle et lui chuchotai:
- C'est de la triche de les charmer comme ça. Tu peux être sûr que Mr Varner ne sera plus jamais agressif envers toi.
- Profite de mon talent de manipulation cher voisin.Répondit-elle amusée.
- Oh, j'ai bien peur qu'au contraire, ça ne me retombe dessus cette histoire. C'est le voisin chanceux – à l'occurrence moi, dans cette histoire- que l'on va punir. Tu n'entends pas les paroles hostiles qui me sont adressées?
- Vraiment? Tu dois avoir l'oreille plus fine que moi.Répondit-elle un peu perplexe.
Je fus surpris moi aussi. J'avais l'habitude d'entendre des choses que les autres personnes n'entendaient pas. Ca en avait toujours été ainsi. Mes frères et moi avions les sens bien plus aiguisés que la normale. Mais cette fois là, il n'y avait rien de difficile à entendre. La majorité de la gente masculine répétait depuis tout à l'heure que: « tout dans ce monde n'était, de toute façon, fait que pour les frères Hale ». Je me calai un peu plus sur le dossier de ma chaise et me perdis dans mes pensées. Je n'écoutai que rarement les cours. Je trouvais cela particulièrement ennuyant. Si j'avais pu, j'aurais dormi toute la journée. Toutes les heures de cours. Je jetais un ½il sur le cahier d'Alice qui jouait avec son stylo en regardant le tableau fixement. Je fus surpris de constater qu'elle avait déjà terminé tous les exercices. Je regardais le reste de la classe, peut-être que je m'étais vraiment endormi pendant une demi heure sans m'en rendre compte. Je m'aperçus très vite que ce n'était pas le cas et que la plupart des autres élèves étaient, soit penchés sur leur cahier, un air de martyr sur le visage, soit en train de regarder le tableau, semblant espérer que les chiffres danseraient pour eux et leur indiqueraient la réponse. Je jetai mon regard au plafond en tenant mon stylo dans la bouche. Je n'avais aucune envie de faire de stupides exercices d'algèbre. Mon cahier, que je n'emmenais que pour faire semblant de faire quelque chose, était vide depuis le début de l'année et je ne comptais pas le remplir d'aussitôt:
- Mr. Hale!! Hurla la voix de Mr Varner en me faisant sursauter.
- Euh oui?
- Pourriez-vous me dire pourquoi vous êtes le seul à vous tourner les pouces alors que tout le monde travail?
- J'ai bien peur de ne pas trouver de raison qui vous paraîtrai valable. Je répondis faussement ennuyé.
- Très bien, si vous avez décidé de faire le malin, vous allez venir me faire cet exercice.
Il désigna de sa craie le plus long des dix exercices notés sur le tableau. Je me levai doucement et avançai jusqu'au professeur en saisissant la craie dans ses mains. Je l'entendis murmurer: « C'n'est pas ta belle gueule qui te sauvera dans la vie ». Je regardai brièvement de quoi il était question et rigolai intérieurement: il ne m'humiliera pas avec ce genre de chose. Je résolus donc rapidement le problème algébrique en ne notant que le minimum de calculs. Je me dirigeai de nouveau vers lui en arborant un sourire arrogant et me réjouis de son expression effarée et contrariée. Je lui lançai la craie et lui dis doucement: « Je pense que ma « belle gueule » comme vous dîtes me sauvera autant que vos exercices algébriques. ». Je fus surpris de constater qu'au lieu d'être énervé, il paru encore plus mal à l'aise et me regarda comme si je venais de lui démontrer la présence d'alien dans l'espace. De nouveau à ma place, Alice me regarda elle aussi impressionnée puis repris son sourire en déclarant:
- Je suppose que tu vas me mettre ça sur le dos?
- Exactement. Mais je te pardonne parce que tu m'as bien aidé.
- Comment ça?
- C'est en jetant un ½il sur ton cahier que j'ai compris ce qu'on faisait en ce moment.
Elle me regarda de nouveau surprise puis déclara:
- Tu as compris cette leçon en jetant un coup d'½il sur mon cahier?
- Oui, pourquoi?
- Tu dois être un peu surdoué toi.
- Hum, venant de toi, ce serait de la raillerie, rétorquai-je, amusé.
- Comment ça?
- Venant d'une fille qui a écrit et développé complètement dix exercices en moins de cinq minutes, c'est un peu moyen comme remarque non?